Analyse 2007-18

Le premier contact avec l’école est déterminant pour la suite des relations entre la famille et l’école et donc pour le parcours scolaire l’enfant. C’est pourquoi l’entrée à l’école maternelle est un moment crucial, dont les parents doivent bien percevoir les enjeux. Quelques éléments d’analyse et des pistes pour favoriser un contact positif.


L’école maternelle est un coffre aux trésors... et si on l’ouvrait ?


C’est sous ce titre qu’un dépliant a été distribué dans toutes les écoles maternelles en 2004. Il avait pour but de réduire les malentendus qui existent parfois entre l’école et la famille, et ce dès la première rencontre de la famille avec l’école. Ce premier contact est en effet déterminant pour la qualité de relation que la famille entretiendra ensuite avec l’école, en particulier les familles dites défavorisés, qui ont souvent des souvenirs négatifs de l’école. En outre, très souvent, ces parents défavorisés n’ont pas ou peu fréquenté eux-même l’école maternelle. Dans ce dépliant, un petit lapin raconte ce qui se passe à l’école. C’est comme un coffre au trésor qu’il ouvre. Ce petit dépliant peut servir de guide pour passer en revue quelques éléments importants de l’entrée à l’école maternelle.


De maman... à... Madame : de l’affectif au cognitif


« Approchez tendez l’oreille, écoutez notre petit lapin et vous saurez comment l’école maternelle transforme les bébés en écoliers. C’est fantastique ! De maman... ... Madame. Elles sont les deux femmes de ma vie, je les aime ! Ma maman, elle me regarde avec des yeux qui brillent de fierté : son odeur, ses bisous, c’est mon trésor à moi. Entre elle et moi, c’est unique, pour la vie. Ma Madame, elle a un regard décidé qui me pousse à apprendre. Son métier, c’est éveiller tout ce qu’on a en nous, les copains et moi. Avec elle, je me sentirai tiré vers le haut, j’ai terriblement envie de tout découvrir : le monde, les autres et moi-même ! Je l’aime bien et elle m’aime aussi, mais plus avec sa tête qu’avec son cÅ“ur. Cela me plait quand elles parlent ensemble... de moi. J’ai chaud au cÅ“ur d’être leur sujet favori, leur héros. Avec elles, j’ai confiance et je me sens fort ; et puis, quelle joie quand je dis mon mot, moi aussi ! [1] »


Le passage de maman à madame est difficile pour un enfant. Il passe d’un monde familial où prime l’affectif, à un monde scolaire où prime le cognitif, même si l’affectif y garde une place. C’est une des caractéristiques essentielles de ce passage : les petits enfants sont tirés petit à petit vers un fonctionnement moins affectif et plus cognitif. « Madame m’aime plus avec sa tête qu’avec son cÅ“ur » Très souvent les enseignantes réagissent à cette phrase en disant : « Mais non, on aime les enfants avec notre cÅ“ur aussi ! ». Il y a bien sûr de l’affectif, des sentiments, de la sympathie qui se dégagent entre les petits enfants et les institutrices. Mais cet affectif doit être traité de manière cognitive. L’enseignant sait que l’affectif est important pour un enfant de 2 ½, plus encore que pour toute autre personne : un enfant qui dit qu’il a mal au ventre essaie peut-être d’exprimer ainsi de la peur, de la tristesse... Les enfants doivent apprendre à identifier leurs sentiments et à les exprimer, de telle sorte qu’ils se sentent mieux après. C’est le rôle de l’enseignant de permettre ce passage d’un mode affectif et familial, à un mode scolaire et cognitif. L’enseignant ne doit pas se laisser entraîner par l’affectif mais il doit le guider, l’utiliser, parce que c’est un mode de fonctionnement proche de l’enfant. De nombreuses études en sciences de l’éducation montrent par exemple que l’affectif est un moteur de la motivation.
« Avec elle je me sentirai tiré vers le haut, j’ai terriblement envie de tout découvrir : le monde, les autres et moi-même. » Cette phrase définit rapidement ce qu’est l’apprentissage en terme de découverte globale. Que font les enfants à l’école ? Ils se découvrent eux-mêmes, découvrent les autres, découvrent le monde. Le passage d’une personne à l’autre, de maman à madame, fait partie de la formidable aventure de l’apprentissage.


« Cela me plaît quand elles parlent ensemble de moi. J’ai chaud au cÅ“ur d’être leur sujet favori, leur héros. Avec elles, j’ai confiance et je me sens fort. Et puis quelle joie quand je dis mon mot, moi aussi ! » Il est important qu’il y ait un contact entre maman et madame et ce contact doit dégager de la confiance. Il est important que l’enfant voie que madame et maman se parlent, se parlent avec confiance et parlent bien sûr de lui. C’est essentiel dans les rapports entre l’école et la famille. Très souvent, la communication se bloque parce que l’on parle d’autre chose que de l’éducation des enfants. On parle de la couleur, du préau, de la saleté des toilettes, etc., alors que l’essentiel est quand même l’éducation.


De la cuisine à la classe L’école maternelle offre des espaces et des autorisations d’apprentissage


« Hier, papa réparait le robinet. Je l’ai bien aidé avec la grosse pince et le tuyau, puis on s’est éclaboussé, on a rigolé. Je sais, la cuisine n’est pas une piscine, mais moi cela me démange de partout. Heureusement j’ai aussi l’école, elle est faite exprès pour nous les enfants. La classe, le préau, la cour, tout devient chaque matin un terrain d’aventure qui me donne envie de foncer. Et c’est permis ! « Vas-y, n’aie pas peur, aie, c’estpas grave, recommence ! » En classe, c’est génial : on essaie des trucs bizarres, comme peindre avec les doigts (ça chatouille !), on dessine, on compte, on discute, on découpe, et même on mange et on dort ensemble... C’est comme ça qu’on apprend plein de choses : en agissant, en jouant, en se bougeant. Bien sûr, il y a des (petits) risques : les taches de couleur, les griffes, les coupures... ça fâche parfois les parents, mais comme ils seraient contents s’ils savaient tout ce qui se cache sous la tache !... »


Ce paragraphe évoque le malentendu qui existe souvent entre les parents et l’école. Comme cette dame qui chaque fois que son enfant faisait de la peinture à l’école disait à l’institutrice : « Ah ! J’ai vu que vous aviez encore fait de la peinture hier. Il y avait des taches sur son pantalon ». Réaction de l’enseignante : « Elle commence à m’énerver cette dame-là, il n’y a que les taches qui l’intéressent, elle ne s’intéresse pas à son gamin, elle n’en a rien à faire de mon travail, elle me méprise ». Pourquoi cette dame vient-elle faire ce reproche à l’institutrice de manière récurrente ? Bien sûr, elle parle avec son cÅ“ur de maman et elle veut être reconnue par l’institutrice comme étant une bonne mère, qui veille à ce que son enfant soit bien habillé et porte des vêtements non tachés. Pour sortir du malentendu, il faudrait que l’institutrice comprenne que cette dame ne veut pas l’agresser, qu’elle ne lui reproche pas le contenu de l’apprentissage. Ce qui l’intéresse en tant que mère, c’est le passage entre l’école et la famille, qui sont deux mondes différents, qui fonctionnent sur des modes différents.


Ce paragraphe parle aussi de la mise à disposition par l’école maternelle d’espaces mais aussi d’autorisations de se lancer dans des aventures d’apprentissage qui ne sont pas possibles en famille. Imaginez vos petits se mettre à peindre au mur avec leurs mains : votre réaction ne serait pas très joyeuse. Même la pire des écoles maternelles offre plus que la meilleure des familles en matière de terrains d’aventures et d’apprentissage, où la sollicitation est permanente. L’école maternelle sollicite les enfants, elle les éveille, les encourage à oser essayer des expériences nouvelles, même si elles leur font parfois un peu peur, même s’ils font des erreurs. Ce n’est pas grave de faire une erreur : c’est grâce à l’erreur que l’on apprend. On met aussi l’accent sur l’auto-construction des savoirs : tout enfant, tout être humain construit lui-même ce qu’il sait, en faisant des expériences, en agissant, en se bougeant. On n’apprend rien si on reste passif, si on ne fait qu’écouter.


Du biberon au crayon : l’apprentissage social de la culture


« A l’école, je me nourris de culture... et pas seulement en suçant mon crayon ! Je découvre que derrière les petites choses, il y en a des grandes, avec des Majuscules ! Dans l’horloge, il y a le temps et l’Histoire ; derrière les expériences, il y a la recherche et les Sciences ; sous les chansons, c’est la musique et -tenez-vous bien !- l’Art. En faisant tout cela avec les autres, j’apprends à apprendre : c’est simple, surtout si je ne loupe aucune étape ! D’abord, on est curieux de trouver une solution à un problème qui nous tracasse ; puis on ose, on se lance (sans peur et sans honte, puisqu’on peut se tromper) ; alors on cherche, on essaie, on voit si ça marche, on en parle avec Madame et les copains, on s’aide (on est plus fort en groupe) et à la fin, on trouve ! Après, on s’exerce, on digère ce qu’on a appris et on l’utilise pour du vrai ! C’est comme ça qu’on grandit, pas en centimètres, mais à l’intérieur. »


Autre richesse de l’école maternelle : elle permet aux enfants de faire l’apprentissage social de la culture. La culture, c’est tout ce que notre société a créé de connaissances, de savoirs ; ce que l’on utilise tous les jours, que ce soit au niveau de la cuisine, du langage, des sciences, etc. Dès l’age de deux ans et demi, les enfants sont capables de comprendre à quoi peut servir la mathématique, même s’ils ne sont pas capables de faire 3 X 6. L’école maternelle offre une approche de la culture universelle par l’intermédiaire de l’expérimentation. C’est par l’expérience que l’enfant apprend à apprendre, qu’il comprend qu’apprendre est un processus lent et long. L’école est un lieu de socio-construction : on utilise le groupe pour pouvoir construire le savoir. On apprend par les autres, avec les autres et pour les autres. C’est nettement plus motivant que d’apprendre tout seul, pour soi, et contre les autres. On n’apprend pas pour être le premier de la classe, surtout en maternelle... L’apprentissage est un processus très lent, très long, avec des étapes à franchir. Il faut que l’enseignant et l’école accompagnent l’enfant dans toutes ces étapes. Si on saute une étape, c’est fichu ! Faire une erreur, et surtout la corriger, est une étape normale, indispensable de l’apprentissage.


De moi... à... nous : l’apprentissage de la socialisation


"Allons les enfants ! quel choc, la première fois ! Qui étaient donc ces Zenfants ? Les copains, bien sûr... et moi aussi, le petit lapin en sucre de papa-maman ! C’est dur d’être seul parmi les autres... mais c’est doux aussi : ensemble, on s’entraîne à faire la paix. Au début, le contact était parfois direct : ils avaient tous les mêmes envies que moi au même moment ! Alors, les morsures et les pincettes, on ne s’en privait pas ! Maintenant, on parle, on s’explique ! On devient ami... et même collègues, puisqu’on exerce ensemble notre métier d’écolier. Tout ce que j’apprends c’est avec eux, par eux et aussi pour eux ; c’est tellement plus passionnant que d’apprendre tout seul, dans son coin ou pour être le premier."


L’école maternelle permet la socialisation. Socialiser les enfants, c’est une entreprise de longue haleine : il faut accepter les règles de la vie collective, les règles de civilité, de politesse, mais aussi les lois. Il faut apprendre à écouter les autres, à demander la parole. Il faut apprendre à communiquer avec les autres... et donc remplacer les poings et les dents par la voix et les paroles. Socialiser des enfants, c’est leur apprendre à vivre en paix avec les autres, c’est faire de chacun un être à la fois social et sociable. Les deux choses sont importantes. L’être social, c’est l’être qui se rend compte qu’il est en société, qu’on ne vit jamais tout seul, et que la société a besoin de règles pour empêcher les gens de s ‘entretuer. La sociabilité, elle, nous donne des usages, des coutumes spécifiques à notre civilisation. Le passage de la famille à l’école permet à l’enfant de quitter la particularité de sa famille, qui a certainement des règles de socialisation particulières, pour apprendre les règles de socialisation universelles. Un exemple. Une institutrice avait été surprise d’apprendre que dans certaines familles maghrébines, l’enfant ne peut pas regarder l’adulte dans les yeux. C’est une marque d’impolitesse. Et l’institutrice, en classe, demandait tout le temps : « Regarde-moi dans les yeux quand je te parle ! ». L’enfant ne savait donc plus ce qu’il devait faire. La confrontation à l’école permet de tirer l’enfant se son particulier à l’universel.


Beaucoup de mères appréhendent aussi le sentiment d’isolement, de détresse, que l’enfant peut rencontrer lorsqu’il se retrouve sans papa et maman, dans un groupe de personnes du même age que lui, où il doit prendre sa place. Cela peut provoquer en lui des sentiments de détresse. La qualité essentielle de l’enseignant en matière de socialisation est de faire régner la loi, et donc de dire la loi et les règles et de les faire respecter.


L’enfant doit aussi effectuer un travail intérieur : la construction de sa propre identité grâce au contact avec les autres. Je deviens moi parce que quelqu’un me dit « tu », parce que les autres me considèrent comme étant un individu à part entière dans le groupe. « Allez, allez, les enfants ! » Un enfant qui a toujours vécu seul avec ses parents peut être désarçonné parce qu’il s’entend interpellé comme membre d’un groupe. Mais cela va lui permettre de se rendre compte qu’il est à la fois le même que les autres et à la fois différent.


« On exerce notre métier d’écolier. » Qu’est-ce qu’un élève ? Un élève, c’est un enfant, un être humain qui n’a pas encore atteint la maturité. Il est en formation, en apprentissage et, grâce à ce statut, il n’est pas responsable de ses actes, mais il apprend petit à petit la responsabilité et l’autonomie.


Du dessin... à... la phrase : comprendre l’intérêt des apprentissages


« D’accord je suis trop petit pour apprendre vraiment à lire. Mais j’apprends déjà à être lecteur. Cela veut dire que je découvre que le monde est rempli de toute sorte de signes : les mots et les chiffres dans les livres et les ordinateurs, mais aussi les logos (comme pour les wc), les plans, les tableaux, les signaux sur la route... Je vois que ce qui est écrit ne change pas et dure longtemps. En plus, ça sert à plein de choses utiles et agréables, comme retenir, mette de l’ordre dans ses idées, calculer, suivre une recette, vivre une belle histoire. Je comprends que lire, ce n’est pas déchiffrer les lettres de l’alphabet, c’est trouver le sens de ce qui est écrit ; et écrire, c’est tracer des signes qui veulent dire la même chose pour tout le monde. C’est pratique : si je trace (sans me tromper) les lettres de mon prénom, un autre peut lire comment je m’appelle, même s’il ne me connaît pas ! Vivement que j’apprenne pour du bon à lire et à écrire : je communiquerai même avec des gens qui sont loin, je raisonnerai mieux et je deviendrai savant, puisqu’en lisant je pourrai apprendre... tout ! »


On met ici le doigt sur l’apprentissage du statut social et culturel de lecteur et de scripteur, donc de celui qui lit et de celui qui écrit. Avant même d’entamer tout apprentissage de type technique, tout déchiffrage de lecture ou d’écriture, les enfants doivent comprendre que lire, ce n’est pas seulement déchiffrer des lettres, mais mettre du sens sur quelque chose qui est écrit. C’est comprendre aussi que ce sens est universel, qu’il est partagé par tous ceux qui partagent une même culture. Lorsqu’on écrit un b et un a, pour tous ceux qui savent lire le français, c’est ba. C’est rassurant ! L’écrit permet à l’enfant d’entrer dans la culture, mais il est essentiel qu’avant de se coltiner aux difficultés de l’apprentissage, il soit convaincu de son importance. Quand on demande à des enfants de première primaire pourquoi ils veulent apprendre à lire et écrire et qu’ils répondent : « Pour avoir des bons points, pour faire plaisir à madame, pour que maman ne me gronde pas, etc. », on peut penser qu’ils n’ont pas compris à quoi servent la lecture et l’écriture. Le rôle de l’école maternelle est d’ouvrir au monde. Albert Jacquard dit qu’il y a deux étymologies au mot éduquer. En latin « ex ducere » signifie conduire à l’extérieur. Eduquer, c’est mettre les enfants au monde. La famille met ses enfants au monde, mais elle ne peut les mettre que dans son monde à elle, dans son monde familial et social proche. Tandis que l’école va continuer à les mettre au monde universel. L’autre signification vient d’educare, qui veut dire nourrir. Eduquer, c’est aussi donner des savoirs. Il est essentiel de toujours comprendre que les deux opérations, donner des savoirs et mettre au monde, sont des activités complémentaires. Si l’on fait l’une sans l’autre, cela risque de tuer l’enfant comme être social : si vous mettez un enfant dans le monde sans lui avoir donné les outils pour le comprendre, il sera perdu, écrasé par ce monde ! D’un autre côté si vous le nourrissez sans arrêt, sans le mettre dans le monde, il va en avoir ras-le-bol.


De « je sens »... à... « je sais » : l’importance de ce qui se passe « à l’intérieur »


« Et alors, mon lapinou, qu’as tu appris à l’école aujourd’hui ? Bonne question, merci papa-maman de la poser ; mais bon sang, comment répondre ? Si je raconte que j’ai joué à « Jacques a dit », sauront-ils que j’ai appris à me situer dans l’espace et à réfléchir avant d’agir ? Alors je dis en vitesse que j’ai joué, dessiné, compté... Mais je sens bien que les objets et les dessins que je réalise, les gestes que je fais, tout ce qu’on voit, ce n’est qu’une partie de ce que j’apprends. Ce qui se passe dans le secret de ma tête, de mon corps et de mon cÅ“ur, c’est du sérieux mais je ne sais pas le dire ! Il faudrait que madame explique, elle doit savoir ! Moi, je m’embrouille ! Le matin, j’arrive en classe rempli de tout ce que j’apprends en famille : ma manière de parler, de penser, de voir la vie. Et chaque soir, j’emporte plein de choses que j’ai envie d’essayer à la maison ; des mots, des idées, des chansons, des manières de réfléchir, des façons d’apprendre. Le tout se mélange, se combine et le miracle est là : MOI, je grandis ! »


On est dans le quotidien : le questionnement de la famille sur l’école par l’intermédiaire de l’enfant. On le sait, en tant que parents, il est important de s’intéresser à la vie de l’enfant à l’école : la vie en général mais aussi les apprentissages qu’il a fait. Même en tant qu’adultes, quand on nous interroge sur ce que nous avons fait, appris, que pouvons-nous répondre ? J’ai écouté, j’ai rêvé, j’ai parlé, j’ai écrit, etc. Mais dans la tête, il y a en fait énormément de choses qui se sont passées. Tout cela se passe à l’intérieur, c’est secret, il y a peu de mots qui peuvent le décrire. L’école maternelle devrait davantage aider à mettre des mots sur ce qui se vit à l’intérieur. C’est essentiel pour la réussite des enfants. Certains enfants rentrent à la maison et ont à leur disposition des parents qui les aident à mettre des mots sur ce qu’ils ont appris. C’est important que les parents se demandent : « Qu’est-ce qui se passe dans la tête de mon fils lorsqu’il joue à « Jacques a dit ? », « Qu’est ce qui se passe si je lui demande de bien ranger ses jouets et qu’il ne le fait pas ? ». Cela ouvre à une plus grande empathie, une plus grande connaissance de ce qui se passe chez l’enfant que l’on essaie d’éduquer. Parents et enseignants font la même chose, mais avec des moyens différents. Le matériel est le même : c’est l’enfant. Les méthodes et les moyens diffèrent, ainsi que les connaissances. Il est essentiel que les professionnels expliquent ce qu’ils font et pourquoi ils le font. Pour cela, ils doivent d’abord s’interroger eux-mêmes, individuellement et collectivement. Je fais quelque chose, mais tout de suite après, je réfléchis à ce que j’ai fait et aux effets de mon action. Si j’ai appris aux enfants à jouer à « Jacques a dit », qu’ont-ils pu apprendre grâce à cela ? [2]

 

 



[1] les textes en italiques sont extraits du dépliant
[2] Cette analyse a été rédigée par José Gérard au départ d’une animation par Danielle Mouraux et du débat qui a suivi, dans le cadre des Midis de la Parentalité organisés par l’Echevinat de la Famille de la Ville de Bruxelles.

 

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